Définitions

Par radicalisation violente, on désigne l’engagement d’un individu ou d’un groupe dans un projet politique en rupture avec l’ordre existant, fondé sur une idéologie qui rejette le pluralisme et la diversité, et qui considère que, malgré le caractère démocratique de notre système, la violence est un moyen légitime pour atteindre ses objectifs.

Le terme « radical » n’est pas nouveau. Il était déjà utilisé au 18ème siècle dans le contexte des révolutions américaine et française où il faisait référence au combat pour l’avènement de réformes sociales et politiques. Aujourd’hui encore, certains d’entre nous font des choix de vie radicaux ou ont des idées radicales. Etre radical c’est rejeter le statu quo mais pas forcément de manière violente. Avoir un point de vue radical ne constitue donc pas en soi une menace pour l’ordre démocratique de notre société.

 

"L'extrémisme violent consiste à promouvoir, encourager ou commettre des actes pouvant mener au terrorisme et qui visent à défendre une idéologie prônant une suprématie raciale, nationale, ethnique ou religieuse ou s’opposant aux valeurs et principes fondamentaux de la démocratie". (Lignes directrices à l’intention des services pénitentiaires et de probation concernant la radicalisation et l’extrémisme violent, adoptées par le Comité des Ministres du Conseil de l’Europe le 2 mars 2016).

Dans le contexte actuel, prévenir la radicalisation et les extrémismes violents, c’est tenter d’empêcher le recours à la violence par les tenants d’idéologies radicales. Cela requiert des stratégies qui poursuivent un double objectif : une régulation pacifique des conflits sociaux et politiques d’une part, et la promotion de l’égalité sociale et de la mixité culturelle - dans l’emploi, dans les quartiers, à l’école - d’autre part.  

 

L’engagement dans un mouvement radical violent est avant tout un parcours graduel, très personnel, guidé par des choix subjectifs. S’il n’est pas possible d’établir un « profil type », une série de facteurs se retrouvent, dans des proportions diverses, dans les parcours de la plupart des individus touchés par ce processus :

  • Facteurs de contexte : Parmi les facteurs déterminant le contexte d’une radicalisation violente, l’on identifie avant tout un sentiment hypertrophié d’injustice par rapport à un certain nombre de situations et d’évènements qui échappent au contrôle de l’individu mais également à l’Etat et aux instances internationales. Ces évènements peuvent avoir une dimension locale - le chômage ou les discriminations - ou avoir une dimension internationale (conflits, massacres, guerres, etc.). Il est important de comprendre que ce n’est ni la réalité, ni l’ampleur objective de ces injustices qui génèrent la radicalisation, mais la perception de celles-ci.
  • Facteurs relatifs à la personnalité de l’individu : Un deuxième ensemble regroupe les facteurs liés à sa personnalité : son agressivité, son impulsivité, sa sensibilité à l’injustice ou ce qui est perçu comme tel, son besoin de reconnaissance.
  • Facteurs liés au besoin de sens et d’appartenance : Ces facteurs peuvent attirer un individu à rejoindre un groupe radical. Celui-ci peut répondre au besoin de sens et d’appartenance d’un individu se situant dans une situation forte d’inconfort moral ou de malaise existentiel en lui procurant un groupe, la sensation d’appartenir à un mouvement transnational, une cause, une identité, un moyen d’action contre l’injustice, etc. Le processus de radicalisation est, en effet, un processus de socialisation dans lequel les dynamiques de groupe (camaraderie, amitié, etc.) peuvent être aussi importantes que l’idéologie.
  • Catalyseurs : Ces facteurs peuvent agir comme des déclics. Eux aussi sont nombreux et différents. Ils peuvent relever de difficultés familiales (divorce, conflits, décès, absence, etc.) ou d’expériences négatives ou d’épreuves de violence avec des institutions.