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"22 mars: un procès, une histoire" - Documentaire radiophonique

 

Le procès des attentats du 22 mars a pour objectif la manifestation de la vérité, mais il a aussi la tâche de réparer l’atteinte à la société et, en ce sens, de nous réparer tous. Lamya Amrani, directrice adjointe de la Maison de Justice de Bruxelles et Isabelle Seret, intervenante en sociologie clinique ont recueilli les témoignages d’une trentaine de personnes impliquées dans ce procès - magistrats, chefs d’enquête, avocats, parties civiles, intervenants psycho-sociaux, interprètes…-. afin de saisir les enjeux, les choix, les difficultés liées à ce procès mais aussi ce qui a été vécu en arrière-plan de la scène principale, parfois dans l’isolement, à l’insu du public.

Cette création radiophonique vise à contribuer au travail de mémoire collective en veillant à complexifier ce que le voile médiatique tente de simplifier, oubliant parfois le processus démocratique à l’œuvre.


Les épisodes

Tous les épisodes sont accessibles depuis un Player Audio mis à disposition par la RTBF. 

Ils sont également accessibles sur Auvio (RTBF). 


Épisode 1: du Centre de crise à l'enquête

Le rappel des faits rapporté par deux témoins phares : le procureur fédéral et l'un des trois juges d’instruction qui a travaillé dans le cadre de l’enquête. Il aura fallu un peu plus de six années pour que ce travail aboutisse devant une cour d’assises.


Le témoignage de deux femmes : la première est magistrate fédérale, référente pour les victimes. Elle a développé au sein du parquet une attention humaniste vis-à-vis des victimes dans un système souvent vécu comme procédurier. La seconde est cheffe d’enquête à la division anti-terrorisme. Elle a côtoyé et interrogé les accusés. Toutes deux ont œuvré parallèlement à la préparation du procès.


Peu après le 22 mars, les personnes victimes et leurs proches sont confrontés à des douleurs physiques et psychiques mais aussi à l’étendue des démarches administratives. La Belgique, sans historique terroriste, n'est pas dotée d’une infrastructure qui centralise l’aide et le soutien aux victimes. Deux associations voient le jour pour pallier ce manque : V-Europe et Life4Brussels.


Palais de Justice ou Justitia ? Au cœur de la cité ou hors de ses murs ? Les débats ont été longs, parfois houleux, quant au lieu de l’organisation de ce procès. Est-ce que justice peut se faire dans un lieu qui ne lui est pas dédié ? Quelles sont les teintes que prennent alors le procès ? Le directeur de l’OCAM (l’Organe de Coordination pour l’Analyse de la Menace), des membres du Service Public Fédéral Justice et le porte-parole de la cour d’assises partagent leurs points de vue sur les impératifs liés à un tel procès. Et en guise d’introduction une personne du public, une étudiante venue assister aux auditions, ouvre l’épisode avec un regard neuf porté sur ce lieu.


Sabine s’est constituée partie civile. À l’ouverture du procès, elle est toujours dans la tourmente des soins de santé et des démarches administratives qui en découlent. Restée plusieurs semaines dans le coma, elle reprend vie grâce au procès. Les éléments d'enquête lui permettent peu à peu d'éclairer des pans effacés de sa mémoire. Si la présence au procès est vécue comme addictive, elle dit aussi combien celui-ci peut être une étape importante. Son témoignage dépeint le panel des émotions qui l'habitent - entre colère et apaisement - et les méandres de son chemin de reconstruction.


Il est question dans cet épisode de l'accompagnement des personnes victimes. Différents métiers accompagnent ces personnes au procès : assistants de justice, psychologues, interprètes... sans parler des chiens de soutien émotionnel de la police. Et puis certaines parties civiles ont aussi prodigué les premiers soins aux victimes lors des attentats...


Représenter les accusés dans un procès de terrorisme comme celui des attentats du 22 mars, c’est s’engager à défendre ce que d’aucuns qualifient parfois d’indéfendable. Deux avocats font part de la relation entretenue avec leur client. Leurs motivations, loin de tout faire-valoir, s’ancrent dans la conviction que tout individu est présumé innocent et a le droit d’être entendu et défendu. Ibrahim Farisi, l’un des accusés - qui a été acquitté dans ce procès - se livre aussi et dit son abattement et son incompréhension d’avoir été embarqué dans ce dossier de terrorisme. L’épisode débute avec les mots de Frédéric, partie civile, le soir du verdict le 25 juillet. Il livre ses attentes…


Les attentats ont fait basculer la vie de nombreuses personnes. Ils sont aussi venus profondément ébranler notre histoire collective. Un procès, et finalement une vérité judiciaire, ce sont évidemment des éléments importants. Mais les chemins de la Justice sont pluriels. Dans ce 9ème épisode, il est question du collectif "Retissons du lien, penser ensemble pour agir en commun". Il s’est constitué en 2018. Et il réunit des personnes endeuillées ou rescapées des attentats de Bruxelles et de Paris, des parents concernés par l'engagement d'un des leurs dans l'idéologie djihadiste et puis des intervenants de première ligne issus du travail social de rue, des services d'aide aux justiciables, ou de l'enseignement. Ce groupe cherche à concilier un espace d'échange (parler de soi, partager ses expériences, se sentir écouté), ET un engagement citoyen par l'investissement de ses membres dans des actions de prévention et de témoignages au sein des écoles, des prisons, ou des centres éducatifs fermés. En marge du procès lié aux attentats de Bruxelles, ce collectif a proposé des dispositifs d’accompagnement apparentés à la justice restauratrice. Vous allez entendre plusieurs de ses membres… et tout d’abord Laura, partie civile, elle a rejoint le collectif "Retissons du lien" en 2021. Elle a aussi participé à un groupe en justice restauratrice.


Un témoignage à l’occasion de ce 8ème épisode : celui d'Olivier... Sa femme était dans le métro à Maelbeek le 22 mars 2016, elle a été blessée. Olivier explique comme il a épaulé sa femme tout au long de ses chemins de reconstruction physique et psychique. Au moment du procès, 6 ans après les faits, il encaisse ces années d'abnégation où son attention était tournée uniquement vers le bien-être de sa femme, et de sa famille... À travers le procès, il tente de trouver une place, une place qui reconnaisse la part de souffrance endurée. Olivier s'est constitué partie civile ; ça a été le fruit d’un long cheminement. Son témoignage a été recueilli à différents moments. La dernière rencontre se situe peu après le prononcé des peines. Mais il parle aussi de son propre témoignage au procès, et il revient sur cette journée du 22 mars... comment il a compris que sa femme était dans un attentat…


Après le procès, de quoi et comment se souvenir ? La question est complexe... Les témoignages des différents acteurs de ce procès ont permis au fil de cette série d’aborder la manière dont chacun vit, traverse, ressent le procès, mais aussi son après. Dans ce dernier épisode la parole est donnée à deux parties civiles, au greffe, et à l'un des jurés.